Tout ce que vous devez savoir sur la maladie veineuse chronique

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Written By Vincent Bourdieu

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publié le 16/01/2023 09:00

La maladie veineuse chronique est une pathologie vasculaire évolutive. Elle est très fréquente dans les pays industrialisés et peut avoir de lourdes conséquences si elle n’est pas prise en charge à temps.

Qu’est-ce que la maladie veineuse chronique ?

On estime qu’un Français sur trois est concerné par une maladie veineuse chronique. Cette affection touche les membres inférieurs et résulte d’une mauvaise circulation sanguine dans les veines.

Le flux sanguin veineux va normalement des pieds au cœur. « Pour faire simple, une veine est un tuyau avec une paroi et des valves, qui empêchent le sang de descendre sous l’effet de la gravité, explique le Dr Matthieu Josnin, médecin vasculaire et président de la Société française de phlébologie. d’une maladie veineuse, les parois et les valvules sont altérées, le sang a du mal à monter et stagne dans la veine. »

Cette pathologie vasculaire, qui peut être stable ou évoluer jusqu’à entraîner des complications graves, est susceptible de survenir à tout âge.

Comment la maladie veineuse chronique s’explique-t-elle ?

Les origines de cette maladie sont essentiellement génétiques. Mais l’environnement joue aussi un rôle. « Dans nos sociétés occidentales, nous sommes exposés à l’inactivité physique, au piétinement (le piétinement est considéré comme faire moins de sept pas) et au port de vêtements serrés », explique Matthieu Josnin.

Certaines professions nécessitant une position verticale prolongée (serveuses, cuisinières, coiffeuses, infirmières, etc.) sont plus sujettes à l’insuffisance veineuse, de même que celles qui nécessitent une station debout prolongée (secrétaire, camionneur, etc.).

Les grossesses, surtout si elles sont nombreuses et rapprochées, sont aussi un facteur de risque. Les femmes sont statistiquement plus touchées que les hommes par la maladie veineuse chronique. Cependant, cette pathologie est loin d’être exclusivement féminine.

La pratique régulière et intensive de certains sports de poussée ou de percussion, comme l’haltérophilie, le rugby, la course à pied ou le tennis sur sol dur, peut également détériorer les valves présentes sur la paroi veineuse.

Quant au surpoids, il n’est pas non plus idéal pour la circulation : lorsque les jambes sont soumises quotidiennement à une forte pression liée à une charge de poids élevée, le retour veineux se fait moins bien.

Comment cette maladie se traduit-elle ?

« La maladie veineuse chronique comprend une très grande variété de manifestations, allant des varicosités (ces minuscules veinules violettes ou rouge violacé) aux ulcères, décrit le Dr Josnin. Certaines personnes ont des varicosités et des symptômes ; et d’autres, au contraire, elles ont d’énormes varices mais elles sont asymptomatiques. C’est très étonnant. »

Parmi les symptômes les plus fréquents sont décrits : la sensation de jambes lourdes (surtout en fin de journée), les picotements, l’impatience (autrement dit le besoin de bouger les jambes, sans trouver une position confortable), les crampes la nuit et, en plus stades avancés, œdèmes (en particulier des chevilles), eczéma et dermatite ocre*.

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Quant à l’ulcère variqueux, qui provoque une plaie à la jambe, il constitue « la phase terminale de la maladie veineuse chronique », indique le médecin. « Cela a des conséquences catastrophiques sur la qualité de vie des patients, car il faut entre 6 mois et deux ans pour cicatriser. De plus, la récidive après un premier ulcère est très fréquente car la maladie a fait des dégâts et la peau est fragilisée ». les décès chaque année, dus à des hémorragies, dues à des varices qui s’ouvrent après un traumatisme… Cependant, on peut éviter d’atteindre ce stade si les malades sont traités à l’avance. »

* La dermatite ocre est une décoloration brune de la peau que l’on trouve généralement sur le bas des jambes.

Quand faut-il consulter ?

Même si vous venez d’une famille à risque, inutile de vous précipiter chez le médecin si vos jambes ont l’air normales et que vous ne ressentez aucun problème. En revanche, si vous présentez des symptômes, il est important de ne pas le prendre à la légère. « Le principal facteur de risque de développement des varices est l’âge : plus on vieillit, plus c’est grave », note le Dr Josnin. Le mieux est d’attraper la maladie d’abord, pas forcément pour opérer, mais au moins pour sensibiliser. »

Les soins précoces sont particulièrement importants pour les femmes qui souhaitent avoir des enfants. « Il ne faut pas oublier que l’une des causes des phlébites et des embolies pulmonaires est la grossesse. Et que l’un des facteurs de risque d’embolie pulmonaire ou de phlébite sont les varices », rappelle le spécialiste.

L’examen principal pour diagnostiquer une maladie veineuse est l’écho-Doppler veineux des membres inférieurs. Cette échographie, qui s’accompagne d’une étude des flux sanguins, est indolore.

Quels sont les traitements possibles ?

La compression est le traitement de base des maladies veineuses chroniques. La restriction doit toujours faire l’objet d’une prescription médicale, car elle est adaptée à chaque patient. « Bas, bas ou collants sont tout aussi efficaces », précise la spécialiste.

Les médicaments veinotoniques peuvent également aider, bien qu’ils ne guérissent pas les varices. « Ils sont intéressants, surtout l’été, quand il est difficile de porter des compressions veineuses ou en complément », précise le Dr Josnin.

Au quotidien, certaines mesures hygiéno-diététiques peuvent également ralentir la progression de la maladie, comme pratiquer une activité physique « douce » (marche, natation, vélo) ou dormir les jambes légèrement surélevées. Il est également recommandé d’éviter l’exposition à la chaleur (bains chauds, sauna, chauffage…), avec des talons trop hauts (plus de 3-4 cm), des pantalons trop serrés et la position des jambes croisées. .

Pour les stades les plus avancés de la maladie, une intervention chirurgicale (laser, radiofréquence) peut être pratiquée, la moins invasive possible et sous anesthésie locale.

Concernant le procédé qui consiste à injecter un produit sclérosant dans une veine variqueuse (sclérothérapie) il est préconisé pour : les petites varices sous-cutanées disgracieuses, les récidives et les varices résiduelles après l’effet d’un laser ou de la radiofréquence.

journaliste spécialisée dans les questions sociales (éducation, famille, environnement, initiatives positives, etc.).