Assurance obsèques : soyez prudent avant de souscrire

Photo of author
Written By Vincent Bourdieu

Découvrez les infos du quotidien grâce à nos rédacteurs chevronnés

Donnez de l’argent pour son enterrement afin d’alléger le fardeau de ses proches, un objectif louable. Problème : Les contrats dits « obsèques » sont chers et compliqués. La prudence s’impose.

Assurance obsèques : quel est ce contrat ?

Assurance obsèques : quel est ce contrat ?

Pour faire simple, le contrat obsèques (on parle aussi de contrat décès) prévoit le versement de quelques milliers d’euros à l’entrepreneur de pompes funèbres ou à une personne de votre choix. En option, vous pouvez ajouter un service funéraire complet. Juridiquement, c’est un contrat d’assurance. Pour que l’assurance verse le capital, vous devez être conscient de vos cotisations. Celles-ci sont versées mensuellement ou trimestriellement, soit jusqu’à votre décès (cotisations viagères), soit pendant une durée de 1 à 20 ans, soit en un seul versement.

Une grande partie du système, sachant que les compagnies d’assurance ajoutent des aides dans leurs contrats (rapatriement du cadavre à l’étranger, garde temporaire des enfants). Le montant du capital assuré varie de 1 000 à 10 000 € selon les contrats. Ce produit est ouvert aux personnes âgées de 40 à 80 ans (voire 85 ans), avec ou sans actes médicaux. La fermeture est souvent la plus rapide en cas de décès accidentel, retardée de 1 à 2 ans sinon.

Le + Full Life : Ces offres sont mal nommées. Ils ont peu à voir avec les assurances qui couvrent les grands risques financiers (comme l’assurance habitation). Considérez-le plutôt comme un outil de préfinancement de vos funérailles. A quel prix, là est toute la question.

Combien ça coûte ?

Combien ça coûte ?

Trois facteurs principaux composent le prix de ces contrats.

Un : votre âge à l’inscription. Plus vous êtes âgé, plus c’est cher, plus vous risquez de passer de la vie à la mort. Votre état de santé peut également être mis au courant.

Deux : le montant d’argent. Plus vous visez haut, plus ce sera cher.

Troisième, dernier : le moment du don. Avec les paiements viagers, la facture baisse chaque mois mais vous « risquez » de payer sur le long terme. En payant pour une durée déterminée, par exemple 15 ans, la facture mensuelle augmentera, mais après 15 ans, vous ne paierez rien tant que vous serez couvert.

Faire dessiner des citations est le meilleur moyen de voir les choses clairement. A 60 ans il y a un capital de 4 000, qui coûte en moyenne 20/mois avec des apports viagers ; de 35 € à 40 €/mois pour 10 ans de cotisations. Pour un service funéraire complet, ajoutez 10 euros par mois. Une augmentation des prix est attendue dans les années à venir, compte tenu du vieillissement de la population. Enfin, attention aux tarifs réduits en cas de double adhésion, un cadeau anecdotique compte tenu des années de cotisation.

Le + Vie entière : Financièrement, ce type d’assurance n’est pas rentable (sauf si vous misez sur votre décès prochainement). A 60 ans, votre espérance de vie est de 26 ans (hommes et femmes) : économiser 20 €/mois pendant 26 ans, c’est mettre de côté 6 240 € (8 155 € avec 2 % d’intérêt par an) . Avec un contrat obsèques, 20 €/mois garantissent un revenu de… 4 000 €. CQFD.

Les chausse-trappes à éviter

Fonctionnement opaque et jargon, frais élevés (plus de 10% sont pris en paiement dans certains contrats !), délai d’attente pour les garanties de démarrage (par exemple : pas de paiement en numéraire la première année, sauf décès accidentel), la réglementation tarde en raison d’un échec. fournir d’autres pièces justificatives, etc. , les écueils des contrats funéraires sont décriés depuis des années. Dont l’Autorité de contrôle des marchés, l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), qui a publié en février 2021 une nouvelle recommandation détaillée à destination des professionnels concernant la commercialisation de ces produits.

Ne soyez pas trop naïf devant certaines astuces de vente, par exemple si le vendeur vous dit que le capital est augmenté de 25% si le décès survient à plus de 500 km de chez vous. C’est impossible. Ou il vous a dit que le capital choisi au départ se répète dans le temps. Bien, mais jusqu’à quel point ? Actuellement, c’est 1% par an de plus dans les contrats, loin de couvrir l’augmentation annuelle du coût des obsèques. Cependant, certaines améliorations sont perceptibles sur le marché, notamment le développement du troisième versement qui permet de débloquer de l’argent immédiatement après le décès.

À Lire  Ce n'est pas obligatoire mais indispensable

Le + Full Life : Le marché des contrats obsèques permet de financer… des assurances. En 2020, ils ont collecté 1,5 milliard d’euros de cotisations (source France Assureurs) contre 690 millions de prestations décès versées. Deux fois! C’est aussi un marché où le marketing tourne à plein régime, avec le déploiement d’offres de toute part, notamment en matière de prévoyance et de santé pour les seniors.

Comment faire le bon choix ?

Comment faire le bon choix ?

Malgré ses lacunes, notamment en termes de coûts, cet accord peut apporter la tranquillité d’esprit. Une personne qui n’a pas de famille ou qui craint un conflit entre ses héritiers sera libre d’organiser ses obsèques à l’avance. Mieux vaut se tourner vers un contrat incluant des services, qui coûtent cher. Il continue de choisir un produit avec un bon rapport qualité/prix. C’est difficile car il existe de nombreux contrats sur le marché et auprès de nombreux fournisseurs, de votre banque à votre assureur, en passant par votre compagnie d’assurance, votre caisse de retraite, les entreprises funéraires… Dans un premier temps, utilisez les outils en ligne pour réaliser des documents détaillés.

Passez en revue les informations importantes : le prix réel (respect des délais de cotisations), l’exclusion du décès (par exemple, certains jeux) et le temps d’attente, le changement éventuel des garanties en cours de route (vérifiez si vous avez été déterminé alors un nouveau temps d’attente), services associés (tiers payant, etc.) .

Le + Full Life : Regrettez-vous votre décision ? Vous avez le droit de vous retirer 30 jours après avoir payé la première cotisation. Plus que cela, si vous êtes arrêté, vous récupérerez une petite partie de ce que vous avez payé, ou, si vous ne payez pas vos cotisations, la garantie est réduite au minimum. Comme pour la plupart des choses qui sont révélées dans l’avis de marché.

Épargner pour financer ses obsèques

Épargner pour financer ses obsèques

C’est une alternative facile à constituer avec un compte épargne ou, a minima, un fonds d’assurance-vie en euros garantis.

Démonstration : pour se constituer un capital de 4 000, combien faut-il épargner chaque mois ? 20 € par mois pendant 15 ans, avec une faible estimation de rendement de 2 %. Comparé à 20 €, voire plus, pour le contrat obsèques si vous débutez à 60 ans, le montant doit être versé sans interruption jusqu’à votre décès. En commençant vers 50-55, vous avez donc le temps de constituer vous-même ce pécule pour vos funérailles, sachant qu’il continuera à grossir tant que vous serez en vie. Et si vos plans changent, vous pouvez toujours obtenir un remboursement complet, ce qui n’est pas possible avec une assurance obsèques. Cependant, ce dernier a la possibilité de garantir le capital sans délai (ou dans un délai de 1 à 2 ans). De plus, l’argent est débloqué dès que la personne décède. Avec l’investissement, vos proches devront avancer les frais en attendant de récupérer l’argent grâce à la maison.

Bon à savoir : 550 000 contrats obsèques ont été souscrits en 2021. Au total, 5 millions sont concernés par les ménages. A titre de comparaison, environ 200 000 contrats sont clôturés chaque année suite au décès de l’assuré selon la société Xerfi.

Le coût moyen d’un enterrement en 2019 est de 3 815 €. Et 3 986 € pour la crémation. Le prix ne cesse d’augmenter, couvrant de grandes différences selon les régions et les choix familiaux (type de cérémonie, type de box, etc.) selon l’UFC-Que Choisir.