Le Stars’N’Bars, institution des fans de F1, ferme ses portes à…

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Written By Vincent Bourdieu

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Ce vendredi 27 janvier coïncide avec la fermeture d’un établissement à Monaco. Le Stars’N’Bars, le bar sportif du Rock, ferme en effet ses portes. Un lieu particulièrement connu des fans de Formule 1, qui s’est démarqué par sa collection inégalée.

Ce vendredi 27 janvier coïncide avec la fermeture d’un établissement à Monaco. Le Stars’N’Bars, le bar sportif du Rock, ferme en effet ses portes. Un lieu particulièrement connu des fans de Formule 1, qui s’est démarqué par sa collection inégalée.

C’est la fin d’un chapitre de 30 ans pour le Stars’N’Bars de Monaco. Créé en 1993, ce restaurant bar sportif est l’aventure de Kate Powers (décédée en 2021) et de Didier Rubiolo. Un projet typique des Etats-Unis mais unique, ou presque, en Europe, à l’époque de sa création, comme l’explique lui-même Didier Rubiolo :

« Cela a commencé en 1993. Nous avions un restaurant tex-mex, l’un des premiers à Monaco et en Europe. Chez nos clients, nous avions de nombreux pilotes et des connaissances dans le sport. Notre restaurant était très petit. A l’époque, il n’y avait rien pour les familles et les bars sportifs n’existaient pas. Nous avons acheté l’usine d’un ami à Fontvieille (un quartier de Monaco) et créé le Stars’n’Bars (…) L’idée était un bar sportif typiquement US, avec un bar central, un jeu, un espace pour les enfants, de la musique live le soir, restauration différente. Puis nous avons échangé avec une usine du port. »

Une décoration atypique

Le lieu se distingue notamment par une décoration des plus originales. Dès l’entrée, difficile de passer à côté de la McLaren MP4-15 2000 de Mika Hakkinen montée… à la verticale, sur un mur ! Juste ça. Didier Rubiolo poursuit :

« J’avais Jordan, à l’origine, qui est maintenant au musée du Prince. Nous avons changé de décor en 2012. Mika Häkkinen m’a dit que si je prenais cette Jordan, il me donnerait une McLaren. Je l’ai fait et je suis allé chercher sa voiture à sa propriété. »

Le point central est, à coup sûr, cette décoration, parmi près de 600 autres objets. Ceux-ci incluent des composants de divers véhicules (du WRC à la Formule 1 et à la Formule E). Mais aussi des combinaisons et équipements donnés par les acteurs du monde du sport automobile. Les pièces se sont accumulées au fil du temps, grâce aux liens avec les athlètes et au succès de la cause. Le patron en témoigne toujours :

« Tout ce que nous avons vient de personnes qui sont venues vers nous. Nous n’avons rien acheté. Il y a près de 600 pièces. Certains sont à Dubaï et à Abu Dhabi, nous avons deux licences là-bas. « J’ai grandi dans le monde du rallye, ma famille y baignant (…) Mes parents m’ont emmené voir des rallyes, puis j’ai rencontré des pilotes qui sont devenus des amis. »

« Je m’entraînais beaucoup sur le vélo, nous roulions avec Mick Doohan, [David] Coulthard, [Jenson] Button. J’ai rencontré beaucoup de monde du sport (…) Petit à petit, la collection s’est agrandie. « Nous n’aurions jamais pensé que ce serait aussi fort. » Il y a beaucoup d’événements à Monaco, nous avons toujours eu beaucoup de trafic de célébrités. Tout le monde nous a donné quelque chose. Aujourd’hui, c’est une grande collection. »

Grâce à leurs relations avec des sportifs et au succès de leur entreprise, les propriétaires ont également accueilli de nombreuses personnalités du monde de la culture. Dans le cas de chanteurs, comme Chuck Berry ou Prince, ils sont venus jouer sur la scène du restaurant. De quoi remplir les murs de photos de ces personnalités passées par les Stars’N’Bars.

Des souvenirs par milliers

Une décoration qui témoigne des années passées à faire vivre ce lieu chargé de souvenirs. Michael Schumacher organisait ici des repas spéciaux avec les membres de son équipe, quand Eddie Jordan laissait s’exprimer son goût pour la fête, se souvient Didier Rubiolo :

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«Michael Schumacher habitait à côté. Après le Grand Prix, il y avait toujours un dîner de gala au Sporting. À l’époque, les voitures et les camping-cars étaient juste devant eux. Il est venu, m’a donné sa carte, m’a dit que toute son équipe venait et a tout payé. Jeudi soir, il y avait aussi une grande fête. Eddie Jordan est venu (…), avec son équipe. Ce sont des choses qu’on ne peut plus faire. »

Le monde change, le restaurant aussi

Il y a une « disparition » de la légèreté, selon le patron, qui indique que le monde du sport est en train de changer. « C’était moins hygiénique à l’époque. Aujourd’hui, il n’y a plus de liberté, pour les stars ». La mort de sa femme, Kate, rend également « difficile » de continuer. Enfin, la récente prise de conscience écologique fait que les Stars’N’Bars ne sont plus en phase avec les valeurs portées par le créateur de ce lieu :

« Je m’intéresse à l’environnement. Nous avons découvert notre empreinte, ce que nous faisions à notre planète. Nous avons rencontré des représentants d’ONG, écouté des discours scientifiques. Aujourd’hui, je ne peux pas continuer. J’aimerais que ça dure mais ça ne me correspond plus. Je dois faire quelque chose qui me convient. »

« Alors le Stars’N’Bars ferme (…) Ça a été une grande partie de ma vie. Mais pour faire ce nouveau projet, je dois l’éteindre. J’ai besoin d’un espace Stars’N’Bars pour démarrer ce nouveau concept, plus en phase avec l’environnement et avec moi-même. Aujourd’hui, nous devons agir. La fermeture de ce restaurant et l’ouverture du prochain projet sont des actions décisives. »

Si le lieu ne change pas, le projet, le message ou la façon de faire s’en trouvera considérablement transformé. « La restauration, la technologie, détaillera toujours le créateur du Stars’N’Bars. L’alimentation sera liée aux viandes très locales et cellulaires, aux légumes. Nous allons être un centre de découverte de beaucoup de choses. Mais c’est encore un secret, j’en parlerai lors de la rénovation. »

La légende du Stars’N’Bars

Pourtant, l’histoire du Stars’N’Bars de Monaco n’est pas terminée. « Je vais le faire revivre, car c’est une institution à Monaco, promet Didier Rubiolo. Il restera au même endroit. Une partie des objets de la collection sera « vendue aux enchères ». Mais une grande partie demeure, attendant cette renaissance. Les autres licences « possèdent le nom dans leur domaine et resteront dans leur forme », détaille enfin notre interlocuteur.

En clôturant ce chapitre de 30 ans, le patron de l’organisation se veut optimiste. « Je suis très chanceux. Ma création est devenue une organisation et c’est formidable. J’ai aussi l’opportunité d’avoir une autre vision, c’est très motivant. Je ne me rends pas compte de la fermeture. Ce n’est pas grand-chose, comme je vais rester dans le bâtiment, je continue. Je peux comprendre que pour les enfants qui ont grandi en venant ici, ce fut une période émouvante. Mais on oublie très vite. »

« Depuis l’annonce de la fermeture, beaucoup de gens que je n’avais pas vus depuis longtemps reviennent. La plus grande surprise sera sans aucun doute au Grand Prix, car nous avons de nombreux clients internationaux qui viennent nous voir depuis des années. Quand ils arriveront, ils se demanderont ce qui s’est passé. Ça va être amusant (rires). »

Rendez-vous pour le Grand Prix en 2023 ?

Alors que le Stars’N’Bars ferme ses portes le 27 janvier, l’ouverture du nouveau projet est prévue « mi-avril ». Comme d’habitude, nous serons là pour le Grand Prix », assure Didier Rubiolo, plus motivé que jamais par ce nouveau départ :

« Le plus important, c’est de tracer un chemin de vie qui soit passionnant. Aujourd’hui, j’ai l’opportunité de faire quelque chose d’incroyable, avec un nouveau message. Je veux juste dire merci. »

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