Uber à Brest : quel est le statut des livreurs à domicile ?

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Les plateformes de livraison à domicile ont débarqué en 2018 à Brest. À vélo, en scooter ou en voiture, le profil des livreurs a-t-il évolué depuis les premières années ?

« Ce que l’on constate, et les études qui ont été faites sur le sujet le montrent, c’est que le public qui fait ces livraisons est devenu plus précaire au fil des années et il est de plus en plus jeune. Au départ, on trouvait des passionnés de vélo qui avaient la trentaine et qui le faisaient en parallèle de leur travail. Aujourd’hui, ce sont surtout des jeunes qui n’ont pour la plupart aucune qualification et qui le font davantage pour survivre.

Est-ce que le profil de ces livreurs est le même à Brest qu’à Rennes, Nantes ou Paris ?

« Globalement, oui. Il y a quand même une différence entre Paris et le reste de la France. C’est « pire » à Paris. nationalité, plus de 50% sont sans diplôme et la majorité a moins de 25 ans. Pour faire ce métier, il y a un certain rythme à assurer, il vaut mieux désormais être motorisé. Dans les « centres villes » les distances sont assez Bref, donc c’est mal payé. C’est surtout des gens en amour précaire. »

Quel est le statut de ces livreurs et combien touchent-ils à la course ?

« Les livraisons s’effectuent par statut d’indépendant. Contrairement à un salarié, il n’a pas de congés payés, pas d’horaires fixes, pas de couverture santé… C’est en théorie. En pratique, outre les auto-entrepreneurs, il y a certaines livraisons qui n’ont pas de statut car elles sous-louer des comptes, c’est-à-dire qu’ils vont prêter le compte à quelqu’un qui a des papiers ou un titre de séjour, et ils lui versent une commission en retour.Pour un indépendant, la rémunération est déjà faible : pour un parcours moyen (2- 3 km) c’est environ 5 €. Le mythe qu’on a en tant que client c’est que ça sonne tout le temps, mais ce n’est pas vrai. Il y a des temps lents où les livreurs peuvent attendre longtemps. Ce sont des heures non payées. Et dans les cas là où la personne est sous-louée, il faut augmenter la commission, 30 à 50 %, qui va dans la poche du titulaire du compte.

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À Brest, leur présence sur la voie publique et les nuisances générées par les coursiers font débat. Les livreurs en sont-ils conscients ?

« Oui, ils en sont conscients. Lorsqu’on leur demande, ils disent souvent qu’ils n’ont pas le choix. Il faut voir comment c’est de travailler avec un algorithme : ça sonne aléatoire, la course est chronométrée, le court doit être chaud et à la fin le client donne un score… Il y a une vraie pression du résultat. En revanche, le phénomène des points de convergence a été observé dans toutes les villes françaises. Ils se rassemblent en carrés et ils attendent. Il y a une raison à cela : ces entreprises (Uber Eats, Deliveroo, Just Eat…) sont arrivées si soudainement que l’urbanisme et la législation n’ont pas eu le temps de s’adapter. « .

Cette situation est-elle appelée à s’améliorer ?

« Le monde de l’Uberisation est une chaîne alimentaire où les puissants vont s’emparer des précaires. Au final, il reste le plus précaire, conduisant malheureusement un véhicule défectueux, sans assurance, sans titre de séjour, sans compte, sans identité… Plusieurs travaux de chercheurs sur le sujet montrent que lorsqu’un travail ou une forme d’exercice crée des nuisances pour le public, c’est que les conditions d’exercice de ce métier ne sont pas bonnes ».

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