La Rosée et ses produits cosmétiques continuent le super…

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Publié le 18 janvier 2023 à 7h00 Mis à jour le 18 janvier 2023 à 15h44

Derrière le comptoir de leur officine, deux pharmaciens ont eu la même réflexion : « Il manque à nos rayons une marque de cosmétiques saine pour la peau et l’environnement. C’était il y a huit ans. De ce constat, Coline Bertrand et Mahault de Guibert, la trentaine, ont fondé leur société « La Rosée », qui produit et vend des cosmétiques uniquement en pharmacie.

Il y a déjà 33 produits dans les rayons des pharmacies (visage, corps, bébé, crème solaire). Trois nouveaux sérums s’ajoutent cette semaine, un pour désaltérer, « concerné bonne mine », un autre pour « rajeunir » anti-âge et le dernier pour repulper.

Ces sorties de produits témoignent de la forte croissance de l’entreprise, qui est rentable depuis 2019. En 2022, La Rosée affirme avoir réalisé un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros, soit le double de l’année précédente. Aujourd’hui, la marque française est présente dans plus de 7 500 pharmacies à travers le pays (sur un total de 21 600), mais aussi dans cinq autres pays : Belgique, Chili, Chine, Corée du Sud et Espagne.

Sur les bancs de la fac de pharma

Pourtant, le pari n’a pas été gagné par ces deux pharmaciens de formation. Bons amis, Coline Bertrand et Mahault de Guibert se sont rencontrés sur les bancs de la faculté de pharmacie de Lyon. La première s’est tout de suite installée en pharmacie, tandis que la seconde a doublé son diplôme et obtenu un master en entrepreneuriat à HEC.

Afin de réaliser leur projet, ils ont récolté au total 1,7 million d’euros, d’abord en 2015, puis en 2017-2018. ans en « love money », c’est-à-dire auprès de proches et de pharmaciens qui y croient. De l’argent grâce auquel ils peuvent développer leurs produits par des « transformateurs » – le nom est dédié à ces professionnels de la production de cosmétiques – l’un en Ardèche, l’autre en Normandie.

Lorsque les cinq premiers produits sont développés, les deux entrepreneurs font du porte-à-porte avec leurs collègues. Depuis la première année, 250 pharmacies ont commercialisé leurs produits. A la tête d’une équipe de 85 collaborateurs, Coline Bertrand et Mahault de Guibert se revendiquent parmi les 10 premières marques de cosmétiques en parapharmacie, d’après les retours d’expérience de leur réseau de partenaires (pas d’étude). Selon eux, la recette de leur succès tient en trois mots : « transparence », « durabilité » de leurs produits et « pureté » de leur contenu.

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« Vous êtes folles ?! »

A cette époque, il n’y avait pas de loi Yuka ou anti-gaspillage, mais ils ont insisté pour jouer la carte de la transparence sur les étiquettes, et ont refusé les cartons d’emballage. « Tout le monde nous disait qu’on était fous, que les produits allaient prendre la poussière… », se souvient Mahault de Guibert, qui communique fièrement sur les 210 tonnes d’emballages évités.

Leur charte en ligne est sans appel : « Nos formules sont purifiées sans ingrédients controversés – 0% parabènes, huiles minérales, phénoxyéthanol, laurylsulfate, phtalates, aluminium, triclosan, MIT, benzophénone, BHA, alkylphénols, lilial, PEG, silicone formaldéhyde, perturbateurs endocriniens , EDTA, ingrédients d’origine animale [sauf cire d’abeille pour 3 produits, ndlr]. Selon un petit macaron du commerce, le dentifrice La Rosée est également « recommandé » par le syndicat français de la santé bucco-dentaire. A noter : Toutes les formules sont détaillées sur leur site internet.

Dans le même esprit, la marque dédiée a mis en place la livraison à vélo cargo du dernier kilomètre lors de la commande des produits sur son site e-commerce. Et surtout une série d’articles connexes comme du coton réutilisable, des petits ballots de gaze de coton et autres trousses de toilette, mais aussi deux forfaits « furoshiki » pour des colis cadeaux ou des achats « 1 euro = 1 arbre planté » à partir de 2019, en partenariat avec le ONG Urgence Planète.

Miser sur le rechargeable

La prochaine étape de leur développement ? Multipliez les contenants rechargeables. « Ne pas jeter est le premier geste écoresponsable ! » insiste Coline Bertrand. Pour l’instant, leurs tubes sont majoritairement « d’origine végétale [en canne à sucre, produite en France, ndlr] à l’exception du dentifrice, dont le tube est à 43% recyclé à partir de bouteilles de lait », peut-on lire sur leur site.

Même si la concurrence est forte à côté des géants du secteur de la dermatocosmétique comme Avène, La Roche-Posay ou Nuxe, ce marché d’une valeur de 2,7 milliards d’euros selon les dernières données de Cosmeticobs de mars 2022 est toujours en expansion. En deux ans, le secteur a enregistré une croissance de 3,8 %. Parmi les trois canaux de distribution, la grande majorité se fait dans les officines (2,1 milliards d’euros) – dont le catalogue sans médicament est déterminé uniquement par les propriétaires. Il y a donc (toujours) de la place pour les petites nouvelles marques.