Grève du 19 janvier : Dussopt reconnaît une mobilisation…

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Selon le ministère de l’Intérieur, 1,12 million de personnes ont manifesté jeudi en France. Ils étaient, selon la CGT, « plus de deux millions ».

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CONTEXTE

Ce qu’il faut retenir de la première journée de mobilisation

Jeudi, plus de 200 manifestations ont eu lieu en France, dans une écrasante majorité pacifique, pour réclamer le retrait du projet qui prévoit notamment de relever l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans. Pour les syndicats, cette première journée de mobilisation a été un « succès ». Points clés d’apprentissage:

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La mobilisation dans différents secteurs

Baisse de la production d’électricité, transports de carburant suspendus, transports ferroviaires et parisiens très perturbés, enseignants mobilisés : la grève contre le projet de réforme des retraites a touché de nombreux secteurs, à des degrés divers :

Energie

Transports

La grève a été suivie de près dans les transports avec quasiment pas de trains régionaux, peu de TGV, un métro parisien au ralenti et une grande banlieue très défavorisée.

Education

Par ailleurs

Ce qu’il faut retenir de la première journée de mobilisation

Jeudi, plus de 200 manifestations ont eu lieu en France, dans une écrasante majorité pacifique, pour réclamer le retrait du projet qui prévoit notamment de relever l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans. Pour les syndicats, cette première journée de mobilisation a été un « succès ». Points clés d’apprentissage:

La grève suivie à près de 30 % dans la fonction publique d’Etat

La grève contre le projet de réforme des retraites a été suivie jeudi par 29,5% des fonctionnaires de l’Etat, qui, selon le ministère de tutelle, comptent 2,5 millions d’agents. Dans la fonction publique territoriale (près de deux millions d’agents), le pourcentage de grévistes s’élève à 14,4 % et dans le service hospitalier (1,2 million d’agents) il atteint 19,6 %.

Les huit syndicats représentatifs de la fonction publique avaient appelé à la mobilisation. Par rapport au 5 décembre 2019, premier jour de mobilisation contre le premier projet de réforme des retraites d’Emmanuel Macron, le nombre de grévistes a diminué de 3,5 points dans les fonctionnaires de l’Etat (33 % en 2019). Elle baisse aussi légèrement dans la fonction publique hospitalière (20 % en 2019), alors qu’elle remonte légèrement du côté territorial (13,8 % en 2019), selon les chiffres du ministère.

A l’Education nationale, fief syndical de la fonction publique, le ministère a annoncé jeudi matin un pourcentage d’enseignants en grève de 42,35% dans le primaire et de 34,66% dans le secondaire.

A Paris, la manifestation s’éteint petit à petit place de la Nation

A Paris, la manifestation tire progressivement à sa fin. Les derniers camions arrivent un à un sur la place de la Nation et la contournent, mobilisant les derniers manifestants encore présents.

Un petit brasero s’est éteint un peu sur la touche. Tous les véhicules sont passés, suivis des CRS.

Nouvelle journée de mobilisation intersyndicale le 31 janvier

Les huit principaux syndicats français se sont mis d’accord sur une nouvelle date de mobilisation contre la réforme des retraites, le 31 janvier, selon plusieurs sources syndicales.

Les délégués syndicaux sont réunis au siège de Solidaires depuis 18 heures, après cette première journée de grèves et de manifestations contre le projet de réforme.

« Continuons à débattre et à convaincre », invite Elisabeth Borne

Si la manifestation à Paris a été interrompue par quelques incidents mineurs, la journée de mobilisation s’est déroulée dans le calme. La Première ministre Elisabeth Borne a salué sur Twitter « les efforts des forces de l’ordre, ainsi que des syndicats, qui ont permis aux manifestations de se dérouler dans de bonnes conditions ». Elle a appelé à « poursuivre le débat et la persuasion ».

Selon un bilan préliminaire du commissariat de police de Paris, 38 personnes avaient été interpellées dans la capitale à 18h30, notamment pour « port d’armes prohibé », « outrage et rébellion », « jet de projectiles et dégradations ». A Lyon, selon la préfecture, on recense au total 18 interpellations liées à l’agression de la police municipale en fin de manifestation, seul incident notable de la journée.

« Je trouve qu’on est en train de regresser sur tous les plans, il faut que les gens se bougent »

Parmi les manifestants, beaucoup ont également souligné le coût de cette réforme pour les travailleurs aux métiers épuisants, douloureux pourrait-on dire, mais précis : tout le monde n’a pas la reconnaissance de cette « difficulté » à calculer sa retraite et voit donc la date de son départ reculer deux ans. (4 des 10 critères utilisés pour créer le compte de pondération ne donnent plus droit à des points depuis 2017, les 6 autres de manière très maîtrisée).

Comme ces salariés de la grande distribution, pourtant reconnus comme « essentiels » pendant le confinement. « Dans les rayons, beaucoup de 50-55 ans ont déjà une ceinture pour soulager leur dos », souligne Josiane Beauclair, déléguée CFTC chez Auchan à Montgeron (Essonne). Mais si cela ne suffit pas, nous ne savons pas où les réorganiser car les fonctions les moins exigeantes, la caisse ou les cabines d’essayage, disparaissent. Ensuite, ils sont jugés « inaptes » et licenciés ! Et ce sont des gens qui ne trouvent pas de travail. Alors on déplace le problème ! »

En particulier, Anne S., conseillère à Pôle Emploi, le soutient, « qu’il ne faut pas oublier que la récente réforme du chômage va raccourcir la durée d’indemnisation des plus de 57 ans de 36 à 27 mois ! » Et « d’autre part, les entreprises sont pas vraiment chercher à faire le travail pour le rendre moins pénible », se plaint Rodolphe Carré, secrétaire CFDT du CSE d’un Super U du Chesnay. étagères à remplir. Pourtant, la lutte contre la réforme ne se mobilise pas dans sa boutique. « Ils ont leur quotidien, leur vie de famille, leur emploi du temps, ils ont d’autres choses à penser. »

« Je constate qu’on recule sur tous les fronts, il faut que les gens bougent, s’unissent. Ils attendent des syndicats qu’ils se mobilisent pour eux, mais non, il faut sentir leur force derrière nous », a déclaré Christine Courbot, jeune retraitée et ancienne secrétaire du comité de groupe (CFTC) chez Auchan. Au contraire, dans le secteur des déchets, Ali Chaligui, député CGT chez Taïs-Véolia, y voit « beaucoup plus de mobilisation que lors de la réforme 2019-2020″. « Les gens se fichaient de la retraite, mais ils ont appris en 3 ans ! Pas de pénibilité non plus pour ces indispensables comme les éboueurs, les trieurs ou les éboueurs. » « Mais à 50 ans, nos patrons ne savent plus quoi faire de nous ! » »

1,12 million de manifestants en France, selon le ministère de l’intérieur

Le ministère de l’Intérieur a dénombré jeudi 1,12 million de manifestants dans tout le pays. Selon le ministère, quelque 80 000 personnes ont défilé dans les rues de Paris.

Auparavant, le secrétaire général de la CGT avait affirmé que « plus de deux millions » de personnes avaient manifesté jeudi en France.

« Plus de 2 millions » de manifestants en France, selon Philippe Martinez

« Plus de deux millions » de personnes ont manifesté jeudi en France contre la réforme des retraites, a indiqué à l’Agence France-Presse Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

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Plus de 200 manifestations ont eu lieu à Paris et en régions, dans une écrasante majorité pacifique, pour réclamer le retrait du projet qui, notamment, prévoit de relever l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans. Quelques collisions ou dégâts ont été signalés à Paris, Lyon et Rennes.

 « Il faut écouter les messages [portés] dans les cortèges », déclare Olivier Dussopt

La mobilisation contre la réforme des retraites « est importante », reconnaît le ministre du Travail, Olivier Dussopt, sur RTL. « On savait que la mobilisation serait importante car la retraite est un certain sujet (…) qui renvoie à une certaine forme d’intimité », poursuit le ministre.

« C’est très particulier, très sensible et c’est normal que ça soulève des inquiétudes auxquelles il faut répondre et puis il faut aussi écouter les messages dans les cortèges » jeudi.

En attendant les trois estimations nationales – du ministère de l’Intérieur, des syndicats et du Cabinet de prévention – voici notre carte de participation aux manifestations du 19 janvier.

Pour les profs, le recul de l’âge de départ est une « ligne rouge » dans un contexte déjà tendu

Les enseignants se sont présentés en masse dans la foule dense qui s’est rassemblée place de la République à Paris à partir de 14 heures. « J’enseigne depuis 30 ans et c’est de plus en plus difficile de suivre. Je ne me vois pas à 64 ans dans une petite classe, debout toute la journée, entouré de bruit et avec mon rythme de travail actuel, », résume Martine, 53 ans, institutrice de maternelle dans la capitale venue manifester avec des collègues. Elle est d’autant plus fâchée qu’elle a vu les perspectives de retraite s’amenuiser depuis le début de sa carrière : à ses débuts, la durée de prime des fonctionnaires n’était pas supérieure à 37,5 ans et « les professeurs des écoles pouvaient partir à 55 ans ».

Emmanuelle, enseignante d’histoire-géographie au lycée de 47 ans, estime elle aussi « impossible » de continuer à travailler dans les mêmes conditions jusqu’à 64 ans, voire plus longtemps pour éviter la décote dans un métier où l’on rentre ensuite plus . « Gérer une classe de 30 voire 35 élèves est très physique et demande une énergie folle. Il faut être à 200% tout le temps et je ne pourrai pas le faire aussi longtemps ni aussi bien qu’aujourd’hui. » elle opine, se référant aussi à la « pression psychologique ». Pour cet enseignant, comme pour beaucoup, une réforme des retraites ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la fin de carrière, qui permettrait notamment des départs progressifs et un aménagement des horaires de travail.

Pour les enseignants réunis dans le cortège parisien, cette réforme équivaut à un « ras-le-bol général » de la profession, dont le « malaise » se traduit dans le cortège qui va bien au-delà de la question des retraites. C’est aussi un sentiment persistant de « mépris », et une franche opposition à d’autres réformes, comme celle de l’école professionnelle, qui se dégage des discours des manifestants. La question des augmentations salariales, sur laquelle le gouvernement tarde à faire des propositions concrètes et que nombre d’enseignants jugent déjà insuffisantes, est aussi sur toutes les lèvres. Le report de l’âge de la retraite est une « ligne rouge » franchie dans un contexte déjà tendu et pour laquelle les syndicats sont prêts à se mobiliser sur le long terme, assure Marie-Hélène Plard, co-secrétaire départementale du SNUipp-FSU 93.

Au niveau national, le syndicat FSU regroupe 70 % des enseignants des écoles en grève et 65 % dans les collèges et lycées. De son côté, le ministère estime la mobilisation à 42% dans le primaire et 34% dans le secondaire. C’est certes moins qu’en 2019 au plus fort de l’ultime remise en cause de la précédente réforme des retraites, qui introduisait un nouveau mode de calcul des retraites très pénalisant pour les enseignants, mais traduit néanmoins une mobilisation importante de la communauté éducative.

La manifestation à Lille touche à sa fin

« On s’est tapé le Covid, la guerre et l’inflation. Et que fait le gouvernement ? Il attaque, il continue à attaquer »

Pour Florence Bédague, infirmière à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, ce projet de réforme est « une insolence ». « Oui », a-t-elle dit, « parce que beaucoup de gens ne peuvent pas arriver à 64 ans ou travailler pendant 43 ans. Donc les travailleurs finiront pauvres, handicapés ou en arrêt maladie. Elle-même a 60 ans, et elle ne peut toujours pas congé » en raison de la réforme de Hollande-Touraine », qui a décidé en 2014 d’allonger progressivement la durée de cotisation.

Avec ses collègues, Florence s’arrête sur le boulevard du Temple, en marge du cortège qui défile sous leurs yeux en route vers la Bastille. Elle croit très peu à l’unité syndicale « d’en haut ». Elle le considère comme « faux ». Mais en tout cas, dit-elle, « cela montre que le gouvernement est allé loin, très loin et sans relâche ». En fait, se souvient l’infirmière, « c’est là qu’on a touché le Covid, la guerre et l’inflation. Et que fait le gouvernement ? Il attaque, il continue d’attaquer… Alors il faut le repousser, tout le monde le sent ». Elle aimerait continuer la grève, assure-t-elle, même si « c’est décidé en AG ». Quoi qu’il en soit : « J’ai mis de l’argent de côté pour ça : 1 200 euros ! » »

Pour Anne, 61 ans, c’est la première manifestation de sa vie. Elle défile le long du boulevard Beaumarchais, sous le drapeau de l’Insee. Gestionnaire au bureau des statistiques publiques, elle est un peu empruntée, hésitant à donner son nom de famille. Mais, cette réforme, « c’est la goutte qui a fait déborder le vase », explique le fonctionnaire d’une voix douce et posée. Anne est l’une des premières concernées par le changement de l’âge de la retraite.

Elle partirait fin 2023. Finalement, ce sera 2024. Quelques mois de plus, ce n’est pas mort, même si elle insiste : « J’avais des projets. Surtout, elle le répète : « Je manifeste aussi pour les plus petits. Pour eux ce sera toujours plus, toujours plus, pour des salaires qui n’augmentent pas. Demain Anne retourne travailler. À contrecœur. « Je ne peux pas me permettre de perdre un autre jour de paie », s’excuse-t-elle.

Le contexte

Image de couverture : Fin de manifestation à Paris, place de la Nation, le 19 janvier 2023. BENJAMIN GIRETTE POUR « LE MONDE »

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