« En Chine, tous les échanges sont actuellement soumis à…

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Sous prétexte de limiter « l’expansion désordonnée du capital », le parti-Etat chinois contrôle aussi le commerce de détail, explique, dans sa chronique du « Monde », notre correspondant à Pékin, Frédéric Lemaître.

Publié le 13 décembre 2022 à 12:00, mis à jour le 13 décembre 2022 à 12:00 Temps de lecture 2 min.

À Tuanjiehu, l’un des célèbres quartiers bourgeois du centre de Pékin, un nouveau supermarché a récemment fait son apparition. L’éclairage est tamisé et les panneaux de bois au-dessus des étagères rendent presque l’endroit chaleureux. Fruits, légumes, snacks, tofu… Rien d’extraordinaire au premier abord, si ce n’est les affiches qui ornent l’entrée. « Suivez et écoutez le Parti », disait l’un d’eux. « Nous sommes les héritiers de la glorieuse tradition et nous perpétuons l’esprit du panier rouge », proclame un second. « Si les gratte-ciel sont l’avenir de la ville, ce type de marché est notre mémoire », lit-on dans un slogan peint sur le mur.

Cette ville-marché n’est pas une société privée, mais une coopérative. L’une des innombrables branches de la Fédération chinoise des coopératives d’approvisionnement et de commercialisation. Créées dès l’arrivée au pouvoir des communistes en 1949, ces coopératives avaient pour fonction d’assurer l’approvisionnement des villes et permettaient au Parti de réconcilier les paysans et les consommateurs pendant les trois décennies de l’économie planifiée mise en place par Mao Zedong.

Selon la doxa libérale, la libéralisation de l’économie à partir des années 1980 reléguerait ces coopératives dans le couloir de l’antiquité. Face à Walmart et Carrefour, ces anciens magasins n’ont pas de confrontation. Et Alibaba, le roi du e-commerce, lui portera le coup de grâce quelques années plus tard. Mais la réalité est un peu différente. Les septuagénaires performent comme un charme et leurs concurrents mordent la poussière. En 2021, le chiffre d’affaires de ces coopératives a bondi de 19 % pour atteindre la somme ordonnée de 850 milliards d’euros. C’est 80% du chiffre d’affaires d’Alibaba. Le Covid, qui incite les Chinois à cuisiner plutôt qu’à aller au restaurant, explique en partie cette croissance. Mais, au dire de tous, le principal coupable n’est autre que Xi Jinping.

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Nationalisation rampante

Le développement des coopératives dans chaque comté est l’une des priorités du gouvernement pour 2022. La province du Hubei s’est également félicitée en octobre d’avoir restauré ou reconstruit 1 373 magasins coopératifs. Selon la presse chinoise, cela ne doit pas être vu comme un retour à l’économie planifiée, mais comme un élément de « l’économie de marché socialiste de haut niveau ». Vous voulez aider les villageois ? Pour assurer la sécurité alimentaire ? Pour préparer le pays à une invasion de Taïwan ? A chacun son explication. Ce qui est certain, c’est que l’Etat est plus que jamais présent dans l’économie.

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