Batteries : « L’Europe dépend de la Chine non seulement…

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Malgré le projet d’exploitation minière du lithium dans le Vieux Continent, la dépendance vis-à-vis de la Chine ne peut être réduite « même à moyen terme », estime, dans un entretien au « Monde », le directeur de l’Observatoire français des ressources minérales pour le secteur industriel, Stéphane Bourg.

Stéphane Bourg est le directeur de l’Observatoire français des ressources minérales pour le secteur industriel, créé en novembre 2022 sous l’égide du Bureau de recherches géologiques et minières pour être le centre d’expertise français sur les métaux stratégiques.

Face au boom de la demande en batteries, l’Europe peut-elle faire contrepoids à l’Asie ?

Très compliqué. Pour fabriquer la cathode, élément clé de la batterie, il faut une matière active, le fameux alliage de nickel, cobalt, manganèse et oxyde de lithium dont tout le monde parle. Il se présente sous forme de poudre et provient presque exclusivement de Chine.

Mais les métaux stratégiques, au départ, ne se trouvent-ils pas qu’en Chine ?

L’Europe dépend des pays qui ont des ressources, comme le cobalt, qui se trouve principalement en République démocratique du Congo [RDC]. Mais cela dépend aussi du pays qui contrôle le raffinage. Concernant le cobalt, il est extrait en RDC, principalement par des entreprises chinoises. Ensuite, la concentration, première étape de transformation du minerai, est réalisée en RDC. Mais, immédiatement après, la concentration est allée en Chine pour se perfectionner.

Depuis quand cette situation prévaut-elle ?

Il y a quarante ans, ce système était inversé. Les terres rares, utilisées par exemple dans les aimants permanents, sont extraites en Chine. La concentration atteint La Rochelle, dans l’usine Solvay, ce qui rend la maison rarement raffinée. Ensuite, la Chine a construit ses propres raffineries et les pays miniers, dont beaucoup sont africains, ont laissé leurs ressources être prises par d’autres. La RDC réalise aujourd’hui que ce système n’est pas viable, et des discussions sont en cours pour reprendre possession des ressources et se doter de l’industrie de transformation locale.

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L’exploitation de gisements européens de lithium et de manganèse offrira-t-elle une partie du remède ?

Nous comptons sur la Chine non seulement pour les matières premières, mais aussi pour les produits semi-finis. Les matériaux de batterie actifs sont également vendus au poids sur la plateforme de commerce électronique d’Alibaba. En Europe, le manganèse n’est pas identifié comme critique. Dans la partie nord du continent, on trouve du cobalt dans le minerai de nickel, sauf que l’ordre de grandeur ne correspond pas au besoin. Le lithium est désormais principalement produit en Australie à partir de roche dure, comme Imerys veut le faire dans le centre de la France. Il y en a aussi en Amérique du Sud, dans les lacs de saumure des hauts plateaux des Andes. En effet, la capacité est en Europe, au bon niveau pour notre marché, et la France a un bon potentiel.

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