Accusé d’avoir volé un deux-roues à Monaco, il se dit toxicomane

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A l’audience de flagrance, un étudiant de 21 ans se présente, menotté. Il a comparu devant le tribunal correctionnel pour le vol d’un deux-roues neuf le matin du jour de l’an. Mais peut-on lui faire confiance lorsque cet étudiant évoque un trou noir au moment du délit ? Parce que l’infraction alléguée aurait été commise dans un état d’inconscience.

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C’est aussi l’amnésie totale confirmée par l’auteur lorsque le président Florestan Bellinzona (1) l’interroge. « Vers 7 h 48, une employée de Fairmont s’inquiétait de la disparition de sa moto Honda. Au même moment, les secours ont été informés que le pilote d’un scooter venait de tomber au rond-point du Portier. C’était vous, lorsque vous vous conduisiez le deux-roues volé avec un taux d’alcoolémie de 0,79 mg/l, c’est plus de trois fois la limite légale, vous n’aviez pas de casque et votre test salivaire était positif au cannabis et à la MDMA révélé par la prise de sang. Pourquoi un tel comportement ? L’alcool et les narcotiques t’avaient rendu si dupe de ces énormités ?

Aucun souvenir du vol, aucune imprudence… Le jeune Mouginois évoque depuis la boîte sa venue à Monaco « pour boire un verre dans une boîte de nuit du Port Hercule ».

« Un client toujours en âge de grandir »

« Combien? » grogne le magistrat.

– Deux champagnes, une vodka, deux gins et autres spiritueux. Je n’ai pas l’habitude de boire. Je fume occasionnellement. Mais je n’avais pas roulé un joint depuis trois ou quatre jours. Pour l’autre substance, je n’en consomme jamais. J’ai été drogué à mon insu… »

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Tout au long de l’instruction de l’affaire, l’étudiant se considérera comme victime de soumission chimique. Il ne bougera pas et ne cessera de dénoncer une intoxication via cette drogue mise dans une de ses boissons qui a déclenché confusion, inhibition et autres symptômes anormaux après ingestion. Il est convaincu d’avoir sciemment pris le scooter.

L’accusation ne partage pas la même analyse des faits. « Cette apparition doit vous servir de leçon, sermonne la remplaçante d’Emmanuelle Carniello. Votre comportement est dû à votre consommation de stupéfiants mélangés à de l’alcool. Ces jours passés en prison doivent être considérés comme un vaccin total. » Le procureur de la République conclut ses réquisitions par une peine de quatre jours de prison et une interdiction de conduire en Principauté pendant trois ans.

La défense s’attache à démontrer une sorte de côté obscur dans sa plaidoirie : « Nous savons très bien ce qui s’est passé ce soir-là. Nous nous estimons heureux, reconnaît même Me Jean-Louis Grimaldi, du Barreau de Grasse, que dans les errances décrites, il y a « Il n’y a pas eu de grands malheurs. J’assiste un client qui grandit encore et où des erreurs sont encore commises. Tous les frais de la victime ont été pris en compte. Facturés par l’assurance. N’accablez pas ce jeune homme… »