Crédit immobilier : quel est ce taux qui couvre les projets d’achat ?

Photo of author

Découvrez les infos du quotidien grâce à nos rédacteurs chevronnés

Par Pascal RabillerPublié le 12/09/2022 18:51

Les intermédiaires de crédit manifesteront devant le siège de la Banque de France. Dans leur viseur, le rejet massif des demandes de crédit immobilier en raison du taux d’usure. Explications

« Malgré nos nombreuses sollicitations, enquêtes, pétitions, signalements et témoignages, les autorités publiques compétentes refusent d’ajuster l’usure à la hausse rapide des taux des crédits immobiliers. Pire encore, la Banque de France, notre protection, ne nous reçoit pas ! » Le Secrétaire Général de l’Union des Intermédiaires de Crédit (UIC) -…

« Malgré nos nombreuses sollicitations, enquêtes, pétitions, signalements et témoignages, les autorités publiques compétentes refusent d’ajuster l’usure à la hausse rapide des taux des crédits immobiliers. Pire encore, la Banque de France, notre protection, ne nous reçoit pas ! Le secrétaire général de l’Union des intermédiaires de crédit (UIC) – le premier syndicat des courtiers en crédit immobilier – est en colère. Elle et l’ensemble de la profession déplorent la poursuite du resserrement de l’écart entre les taux moyens des crédits, passés de 1 % en moyenne sur vingt ans en 2021, à 1,90 % en septembre. Un écart qui se comble et qui explique pourquoi près d’une demande de crédit immobilier sur deux est actuellement rejetée.

1 Taux d’usure, de quoi parle-t-on ?

1 Taux d’usure, de quoi parle-t-on ?

L’usure caractérise l’intérêt (taux) d’un prêt dont le taux est considéré comme abusif, en somme, c’est le taux maximum auquel un prêt peut être accordé. Attention, on ne parle pas ici que du taux de crédit obtenu par la banque. Le taux d’usure est calculé en additionnant le taux du crédit, les taxes, les commissions, les primes d’assurance de l’emprunteur et la rémunération variable.

Une fois tout cela additionné, on obtient le TAEG (taux effectif global). C’est ce taux qui ne peut excéder le taux d’usure actuellement fixé à 2,60 %. Alors que les taux de crédit augmentent, le taux d’usure calculé par la Banque de France stagne. « En juillet, le taux d’usure est passé de 2,50 à 2,60 %, tandis que le taux passif moyen est passé de 1,30 à 1,90 %. Ce manque d’adaptation explique que de nombreux dossiers n’aboutissent jamais », déplore Bérengère Dubus.

À Lire  Laissez vos clés de voiture au micro-ondes : la chose intelligente à faire pour tout le monde

2 Un dossier parfait ne suffit plus…

Un couple de 30 ans et un couple de 40 ans contractent le même prêt et ont exactement les mêmes revenus, ils obtiennent le même taux. Le couple de trentenaires peut voir le prêt accordé car l’assurance emprunteur est moins chère que celle des quadragénaires et leur TAEG est automatiquement plus bas.

« On est dans une situation où on doit annoncer régulièrement aux clients, dont le taux d’endettement est de 27% (ndlr, la limite est fixée à 30%) et qui ont une pratique parfaite, que cela ne passera pas à cause du taux d’usure cela laisse penser qu’ils contractent un prêt abusif. »

3 Que recherche la Banque de France ?

3 Que recherche la Banque de France ?

Les courtiers ne remettent pas en cause le taux d’usure – « un excellent garde-fou, une protection indispensable pour les emprunteurs » – mais la décision de la Banque de France qui invoque sa volonté de maîtriser l’inflation. Restreindre les transactions pour limiter la hausse des prix ne passe pas. « Le problème, c’est qu’on détourne un instrument qui commence à peine à en faire un instrument inégal. Lorsque les banques doivent prêter à perte ou proche de la perte, afin de passer sous le plafond du taux usuraire, elles choisissent pour elles les profils d’emprunteurs les plus attractifs. Des profils à potentiel économique », assure le secrétaire général de l’UIC.